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La radioprotection, c’est l’affaire de tous!

Article rédigé par Dre Julie Gadbois, Dipl.ACVR, spécialiste de l’imagerie médicale

Pour télécharger cet article, sous forme de PDF, cliquez ici.

En médecine vétérinaire, la radiographie est au cœur des outils diagnostiques que nous utilisons tous les jours. La radioprotection demeure malheureusement un sujet banalisé et peu abordé au quotidien. Bien qu’invisibles et d’apparence bénigne, les rayons X ne sont pas sans effet délétère. Chaque semaine, nous voyons des corps étrangers humains sur les radiographies de vos patients : eh oui, des doigts ! Cela nous permet de constater que plusieurs sous-estiment les risques associés à une exposition chronique.

L’objectif de cet article est donc de revenir brièvement sur les concepts de base afin de vous donner des outils de discussion et de prévention dans votre pratique quotidienne.

Les effets nuisibles des rayons X

Plusieurs articles mentionnent l’effet potentiel sur l’ADN d’une exposition chronique à de faibles doses de radiation, et ultimement du développement possible de cancers. Le mécanisme exact demeure encore inconnu, mais l’association entre l’exposition aux radiations et la carcinogenèse demeure indiscutable. Comme le développement de cancer est souvent multifactoriel, il est difficile, voire impossible, de déterminer la dose minimale nécessaire au développement d’un cancer. Toute radiation doit donc être considérée comme potentiellement nuisible, peu importe la dose. Par conséquent, il est de mise d’appliquer le principe « ALARA », l’acronyme pour « As Low As Reasonably Achievable », c’est-à-dire de diminuer aussi bas qu’il est raisonnablement possible l’exposition aux rayons X.

Comment minimiser les risques

1 Limiter l’accès à la salle de radiographie

Bien que simple, cette mesure est parfois négligée. Il est recommandé de réduire au minimum le nombre de personnes dans la salle. Seules les personnes dont la présence est indispensable devraient être présentes. Idéalement, afin de réduire l’exposition annuelle de chacun des membres de votre équipe, tentez de faire une rotation des personnes qui font les radiographies. Toutes les portes menant à la salle de radiographie devraient être fermées durant l’examen.

2 Contention mécanique ou sédation

Selon les recommandations du gouvernement, on devrait placer le patient sous sédatif ou avoir recours à des appareils de contention (ex. sacs de sable) pendant l’examen radiographique. Si vous n’êtes pas à l’aise de laisser un de vos patients seul dans la salle pendant l’exposition, la sédation et l’emploi de moyens mécaniques de contention pourraient vous permettre de réduire au minimum le nombre de personnes nécessaires à la réalisation de ces radiographies.

3 Vêtements de protection (tablier, protège-glande thyroïde et gants plombés)

Il devrait être obligatoire pour tous de porter ces trois articles lors de la prise de radiographies. Ces vêtements devraient assurer une atténuation équivalant à au moins 0,5 mm de plomb pour des tensions pouvant atteindre 150 kVp. Plusieurs vous diront que les gants causent une mauvaise dextérité et empêchent parfois une bonne contention du patient. Si un patient ne peut être tenu de façon sécuritaire avec ces gants, une sédation devrait être considérée.
Il faut aussi préciser que ces équipements sont conçus pour protéger des rayons X secondaires (ceux ayant été déviés en périphérie de la radiographie) et non pas des rayons provenant du faisceau principal. Il est donc primordial de mettre l’accent sur le fait qu’il ne faut absolument pas que les mains ou toute autre partie du corps soient dans la région radiographiées, et ce, même avec des gants.
Les tabliers de protection, les gants et les protège-glandes thyroïdes doivent être entreposés et conservés conformément aux recommandations du fabricant (ex. : ils ne devraient pas être pliés). Il est également recommandé de vérifier par radiographie tous les vêtements et dispositifs de protection une fois par an ou lorsqu’un défaut est soupçonné.

4 Collimation et filtration

Une collimation serrée sur la région d’intérêt permet de diminuer la radiation secondaire tant au patient qu’au personnel dans la pièce. De plus, cela aide grandement à la résolution et à la qualité de la radiographie. Assurez-vous aussi qu’un filtre d’aluminium d’une épaisseur adéquate (aussi connu sous le nom de « couche de demi-atténuation) est présent entre la fenêtre du tube et le collimateur. Cela permet d’éliminer les rayons X de faible énergie. Sans ce type de filtre, l’exposition du patient et du personnel pourrait être augmentée inutilement de 4 fois la dose.

5 Toujours utiliser le temps d’exposition le plus court et réduire les reprises inutiles

En utilisant le temps d’exposition le plus court possible, cela réduit par le fait même les artéfacts dus au mouvement. L’emploi d’une charte technique et une bonne planification des radiographies permettent d’optimiser chacun des examens tout en réduisant le nombre de reprises inutiles.

6 Distance

Afin de minimiser les risques, il est recommandé de se tenir le plus loin possible du patient et de la source de rayons X. En aucun temps, une personne ne devrait s’asseoir ou s’appuyer sur la table de radiographie (en raison des radiations secondaires émises), optant plutôt pour une position debout à chaque extrémité de la table. Idéalement, il faudrait aussi éviter de regarder en direction du faisceau principal de radiographie.

Par ailleurs, il faut toujours s’assurer que toutes les personnes exposées dans le cadre de leurs fonctions professionnelles portent des dosimètres individuels pendant les examens radiographiques.

Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez consulter : –  le document des « Normes minimales d’exercice » de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec;
–  le document « Radioprotection en médecine vétérinaire — mesures de sécurité recommandées relativement à l’installation et à l’utilisation d’appareils à rayons x en médecine vétérinaire — Code de sécurité 28 » disponible sur le site internet de Santé Canada;
–  le livre « Radiography in Veterinary Technology », écrit par Lisa M. Lavin.

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