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Focus du 25 mars 2015

Traiter ou ne pas traiter… telle est la question !

sous la responsabilité de Dre Marie-Josée Landry

http://centredmv.com/wp-content/uploads/2015/03/focus_25-mars-2015.pdf

Ou comment démystifier et standardiser le traitement lors de l’ingestion connue de rodenticides anticoagulants


Nous savons tous déjà qu’il existe deux classes de rodenticides anticoagulants. La première génération, qui comprend le warfarin (moins de 10 % des cas d’exposition, découvert dans les années 40), et la deuxième génération, qui comprend plusieurs molécules, dont le diphacinone, le bromédialone (et non brométhaline, à ne pas confondre !!), le brodifacoum, etc. La différence entre les 2 pour l’approche est surtout au niveau de l’intervalle de traitement, les molécules de deuxième génération nécessitant un traitement plus long que pour le warfarin.

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Dose ingérée


Tout d’abord, il est important d’évaluer la dose possible ingérée, selon la concentration du produit. Ainsi, si le propriétaire rapporte que Rufus (10 kg) a mangé un sachet complet de bromadiolone (0.005 %), contenant 100 g, il est facile d’évaluer le dosage qu’il aurait pu manger, toujours en évaluant le pire scénario : Le tableau énumère les doses létales50 pour chaque produit, en fonction de l’espèce (chat ou chien). Ce qui est important de savoir en toxicologie, c’est qu’on assume que 1/10 de la dose létale 50 ingérée représente la dose minimale létale (MLD – minimum lethal dose), et que 1/100 de la dose létale50 représente le niveau le plus bas où l’on peut observer des signes cliniques (LOEL – lowest observed effect level). Il est recommandé de décontaminer et au minimum de monitorer les paramètres de coagulation de l’animal dès qu’on atteint la MLD, alors qu’on pourrait seulement décontaminer et surveiller à la maison si on a atteint la LOEL. Évidemment, toujours en assumant que la dose estimée est proche de celle ingérée en réalité ! Pour faire court, la décision de seulement décontaminer lorsque la dose ingérée connue est de 1/10 de la dose létale50 pourrait signifier que l’on met inutilement en péril la vie de notre patient et aussi celle de notre relation de confiance avec notre client! Surtout que ce dernier a pris la peine cette fois de consulter à temps afin d’éviter des ennuis à son compagnon à quatre pattes !

Traitement vitamine k


Lors d’ingestion d’une dose toxique de rodenticides ou en cas de doute, la durée du traitement débuté dépend de la classe : 14 jours devraient être suffisants pour l’intoxication au warfarin, alors qu’entre 4 à 6 semaines pourraient être nécessaires pour les deuxièmes générations. Si la classe de l’anticoagulant n’est pas connue, on assume alors que le traitement devrait être de 30 jours minimum. Les nouveaux facteurs de coagulation vont commencer à apparaître environ 6 à 12 heures après la première dose de vitamine K. Il est important de mentionner ici qu’il n’y a pas d’avantages à donner la vitamine K de façon sous-cutanée plutôt qu’oralement, à moins que le patient ait vomi, soit nauséeux, trop sédationné suite à l’apomorphine ou s’il vient de recevoir du charbon activé. En effet, l’administration P.O. de la vitamine K est favorisée puisqu’elle sera alors délivrée directement au foie par la circulation porte où les facteurs de coagulation sont activés. La vitamine K est également mieux absorbée lorsque donnée avec un repas riche en lipides, comme le a/d ou de la nourriture en canne. Par contre, elle sera également bien absorbée si le patient ne mange pas, pourvu qu’il ne soit pas nauséeux. De plus, le fait que l’injection sous-cutanée puisse entraîner des saignements chez un animal symptomatique et qu’elle puisse également provoquer un choc anaphylactique, ce sont d’autres raisons pour prioriser l’administration orale plutôt que sous-cutanée. Il est important de mentionner en passant que la vitamine K n’a plus besoin d’être gardée au réfrigérateur.

Références


1. Merola, Valentina: Anticoagulant rodenticides: Deadly For Pests, Dangerous for Pets. Veterinary Medicine, Toxicology Brief. October 2002 – Volume 97, Number 10, pages 716-727

2. Mathews, Karol A.: Veterinary emergency + critical care manual. Second Edition, Lifelearn Publication, Guelph, Ontario, 2006

3. Côté, Étienne: Clinical veterinary advisor – dogs and cats. Second Edition, Elsevier Mosby, Charlottetown, Prince Edward Island, 2011, pp 83-85, 1364, 1377 (tableau)


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Dre Marie-Josée Landry
mjlandry@centredmv.com
514 633-8888



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